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Magritte 2016 | Exposition

MAGRITTE
LA TRAHISON DES IMAGES

AHHHHHHHH COURREZ-Y VITE !!!

Mais pas tous en même temps,

sinon ça fait une file d'attente trop longue.

Cette exposition n'est pas :

  • Une rétrospective.
  • Ennuyante.
  • Trop perchée au point de perdre les amateurs d'art du dimanche.
Cette exposition est :
  • Bien agencée en termes d'espaces.
  • Hyper stimulante pour la mémoire (si tu te souviens de ton lycée).
  • Une douche rafraîchissante de philo pas boring.
 

        La Trahison des images éclaire l'œuvre de Magritte non pas selon son parcours de vie, mais selon des réflexions philosophiques. Sans pour autant partir très loin dans les hautes sphères des étudiant(e)s en Philo préparant leur agrégation, il est exposé, dans 5 salles, différents thèmes de pensées. Les passages de textes sont très bien choisis, à la portée du plus grand nombre (je pense). Ils donnent des clefs de lecture à certains, et invitent à porter un autre regard sur les œuvres pour d'autres.

Les salles : 

  1. Portrait de Magritte en philosophie : de la beauté hasardeuse aux "problèmes".
  2. Les mots et les images.
  3. L'invention de la peinture.
  4. L'allégorie de la caverne.
  5. Rideaux et trompe l'œil / La beauté composite.

        Il est vrai qu'il y a beaucoup d'œuvres, mais il y en a que l'on ne voit pas si souvent (j'ai été touchée par La main heureuse ... sans jeu de mots olé olé), auprès des "superstars" (Ceci n'est pas une pipeLes amants), et il y a par exemple le Viol mais pas la version de 1934, souvent la plus connue, mais celle de 1945, où la chevelure du dit-visage imberbe est blonde, avec un fond aux tons pastels rose et bleu (oui, moi aussi je peux me la jouer "trahison des couleurs").

        Beaucoup de personnes vont se remémorer leurs cours de philosophie du lycée ou de prépa, avec l'allégorie de la caverne de Platon et les passages d'Histoire Naturelles de Pline l'Ancien, d'autres vont découvrir et c'est justement ça qui m'a vraiment plu et enjaillé.

       Passer de l'ombre à la lumière, en allant des "entre-salles" aux fond noirs avec les "clefs" philosophiques aux salles blanches, avec les œuvres qu'ils "éclairent", est sans doute une extrapolation de ma part (#LatinaDramaQueen), mais c'est un détail que j'ai remarqué, et que j'ai trouvé peut-être pas très subtil mais tellement dans le vif du sujet de la tension entre les mots et les images.

    C'est donc ça la recette magique de cette très belle exposition : une invitation à découvrir les symboles qui parcourent l'univers de Magritte, ces signes qui se retrouvent et se baladent de toile en toile, en donnant les clés pour décrypter, interpréter et aimer à sa façon, tels qu'on reçoit ces textes, tels qu'on les comprend. Il est vrai que ce n'est peut-être pas facilement à la porter des enfants mais bon ... qui sait ?


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Où ?

Centre Pompidou, Place Georges-Pompidou, 75004 Paris.

Quand ?

Tous les jours (sauf mardi) de 11h à 21h, les nocturnes jusqu'à 23h les lundis et jeudis. Jusqu'au 23 janvier 2017.

PS : Si les enfants que vous emmenez à l'expo ne font que chouiner et parler fort ou qu'ils sont du genre à parler fort et répéter 100 000 fois la même chose mais que vous ne leur dites jamais rien, je vous en prie, PAR PITIÉ mettez-leur une Gag ball, parce que c'est hyper méga violent les scénarios qu'on a en tête pour ces enfants lorsqu'on est dans la file d'attente, pendant 40 minutes, sans casque, sans musique.

Marie

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Le Musée Carnavalet : Un chant d’amour pour Paris

     Un samedi après-midi, après avoir trouvé les précieuses cartouches papier-photo pour mon Polaroïd, à la boutique Impossible Project, en flânant, ça et là, je me suis retrouvée devant l'entrée du Musée Carnavalet. Je me suis dit « YOL», j'y vais.

     Il y avait peu de visiteurs – bien moins que dans les rues du Marais en tout cas –, relation de cause à effet ou simple corrélation, le personnel était extraordinairement agréable. La carte étudiante en Histoire de l'Art à la main, je fais la queue pour un ticket. J'entends « ticket gratuit », du coup, je range mon petit sésame pour les tarifs réduits un peu vexée. C'est toujours un peu surprenant un musée avec une exposition temporaire, gratuite, avec peu de visiteurs, un samedi. (c'est un peu le tiercé gagnant)

     J'y étais déjà venue au Musée Carnavalet, une fois pour l'exposition Les couleurs du ciel, je m'y étais rendue surtout pour voir des œuvres de Simon Vouet. En revanche je n'avais pas visité le musée en dehors des salles de l'exposition temporaire.

     Il faut l'avouer, au niveau de la circulation dans les différentes parties du Musée, soit je ne suis pas douée, soit c'est Poudlard, en empruntant tel ou tel escalier je me retrouvais partout, SAUF là ou je voulais atterrir. Il y a des salles avec du mobilier, des petites reconstitutions de salons et de chambres, d'habitude je ne suis pas très fan de mobilier, mais comme c'est présenté avec des œuvres peintes, j'ai bien apprécié. C'est comme visiter un hôtel particulier ou un album photo, c'est la sensation qui m'est restée. Une ballade temporelle de Louis XV à l'Art-Nouveau et même jusqu'aux peintures du débuts des avants-gardes. Les petits espaces de jardins sont, quant à eux, de véritables petites aires de repos spirituel, avec de petits bancs verts les uns loin des autres.

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     Bien sûr que toutes les œuvres du Musée ne sont pas de la même facture, de la même «qualité»*. Mais l'ensemble est harmonieux, joli, je n'ai pu m'empêcher de me croire dans une boîte à musique et dans la salle de bal je me refaisais la scène du dessin animé Anastasia... (des images, me reviennent, comme un souvenir tendre..) Oui je suis partie un peu loin, peut -être... Tout ça pour dire que l'ensemble fonctionne. Il n'est pas nécessaire d'étudier au cm2 près chaque œuvre exposée, chacun sa visite et cela permet de s'attarder sur d'autres œuvres lors d'un prochain tour. Le fait même qu'il y ait des œuvres qui attisent la curiosité tandis que d'autres non, ou moins, cela souligne d'autant plus la capacité à captiver de ces œuvres qui nous accrochent le regard.

     Ce qui m'a touché dans l'exposition sur la Révolution Française, c'est le souci d'intelligibilité qui a dû préoccuper les commissaires d'exposition. Tout n'est pas qu'une ode à la liberté dans la Révolution Française, et non, le 14 Juillet n'est pas la date de la Révolution en elle même, c'est le jour de la prise de la Bastille, certes mais on nous rappelle que l'abolition des privilèges et des droits féodaux n'est arrivée que plus tard en août 1789, le 4, avec l'adoption de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen le 26 de ce même mois (wiki est ton ami). C'est important car des œuvres peintes prennent le rôle d'archives, de témoin pictural, et même si ces toiles ne sont pas toutes terminées, elles appuient sur l'urgence de laisser une trace de ce temps là, ce qui est extrêmement appréciable à mes yeux pour une exposition sur une période aussi marquante de l'Histoire de France.

     Enfin, je me suis retrouvée au début, oui … c'est compliqué à saisir mais j'aurais sans dout mieux fait de commencer par la salle « proto-historique » de la ville de Paris, mais j'y suis allée un peu comme si je faisais ce qu'il me plaît. Cela ne m'a pas dérangé plus que cela, j'ai même trouvé que la salle était assez petite pour ne pas être ennuyante, car l'archéologie, n'est pas mon fort et en même temps assez documentée pour être intéressante. C'est sur la ville de Paris, ancienne Lutèce et c'est grâce à cette dernière pièce que j'en sui venue à dire « Ce musée est amoureux de sa ville ».

Juste parce que c'est beau :

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* – Et encore, j'apprécie peu cet épithète pour les œuvres d'art. C'est un jugement en rapport avec l'histoire de l'art qui a été faite, et dont les acteurs ont décidé qu'untel était plus important qu'un autre, c'est ainsi que l'on assiste aujourd'hui à des « redécouvertes » d'artistes passé(e)s sous silence ou peu étudié(e)s. Ne soyons cependant pas trop durs, car ces « choix » sont ceux qui permettent un renouvellement et des relectures en histoire de l'art. D'autant plus qu'il est probable que l'on ne soit jamais exhaustif. C'est peut-être en cela que réside la Beauté de la discipline à mon sens –.

On squatterait bien les bancs pour lire dehors, aux premiers rayons chaud du soleil... hum, Je note.

Marie

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Fragonard Amoureux, ah le coquin.

     Vendredi, matin, froid, pluie, mais le Musée du Luxembourg a su réchauffer mon cœur. Il est rare que je sorte d'une exposition aussi contente, rien à redire ou presque (allez, si tu veux, on chipote, tout en bas de l'article). Une exposition fort bien menée, du début à la fin, pas de salle plus faible qu'une autre. Un thème bien problématisé, dont on voit l'évolution des questions autour de ce dernier de salle en salle, bien introduit, bien expliqué. Les textes sur les murs ne sont pas à rallonge, mais concis et exposent bien le pourquoi du comment de la salle.

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Expo jusqu'au 24 janvier 2016.         19 rue Vaugirard, 75006, Paris.

     Bien sûr, qu'il a fallu se faufiler entre deux groupes, car entre nous … c'est juste insupportable d'être poursuivi ou embouteillé par des groupes et leurs guides, quand on en fait pas partie. L'exposition doit être invivable, inregardable s'il y a du monde, peut-être, mais ce n'était pas le cas pour moi ce jour là.

     Je ne suis d'habitude que très peu friande des œuvres des peintres académiques du XVIIIème siècle, mais je me suis laissée tentée parce que... Je ne sais pas, c'est à côté de chez moi ? Et puis sans être une fan de Fragonard, je savais qu'il avait travaillé avec un peintre que j'affectionne pour d'inexplicables raisons : Jean Siméon Chardin. Ce que j'ai aimé dans les œuvres de Fragonard, présentées au Musée du Luxembourg, c'est la manière de peindre qui diffère selon les plans, l'attention portée au paysage mais sans trop être pris sérieusement. C'est peut-être cela qui m'a touché, en dehors du fait d'appartenir à l'Académie Royale de peinture et de sculpture, il y a une sorte de nonchalance maîtrisée dans certaines parties d'une œuvre alors que d'autres en sont soulignées par le soin du détail et du travail de la matière picturale.

Pourquoi suis-je si contente de cette exposition ?

     Parce qu'il n'y a pas trop d'œuvres qui se tirent des ballent les unes sur les autres et qui provoquent un capharnaüm visuel, pas de répétition. Les artistes, en dehors de Fragonard sont choisis pour leurs thèmes, leurs liens, accords et différence avec lui. François Boucher est bien sûr très présent mais pour montrer à quel point ses leçons ont été retenues et dépassées par l'élève. On comprend le chemin qui a mené au libertinage, comme point culminant un peu "Olé Olé" de l'exposition, avec les œuvres destinées aux boudoirs ou maisons closes et estampes de romans. On perçoit le côté coquin de Fragonard, sans pour autant être sulfureux - on laisse cela à l'exposition du Musée d'Orsay, Splendeurs et Misères -, dans une subtilité qui ne manque pas d'humour, pour autant. Enfin l'exposition s'achève sur un retour à l'amour connecté aux sentiments, on laisse le libertinage de côté pour se poser la question de la réciprocité, autre question, autres tourments...

C'est un shmilblick vraiment bien ficelé avec une abondance de jeunes femmes aux seins découverts, à la peau marmoréenne et aux joues rosies de chaleur amoureuse et d'émoi. (Ou la la)

Bref, c'est pas ici que vous verrez du zizi.

Si, vraiment, tu veux qu'on chipote :

  1. Alors oui, un petit, tout petit, mini détails : il est abordé la question de la reconnaissance du "quand y a-t'il viol ?", car il y a le thème de la "vaine résistance", sujet épineux, certes, qui n'est pas le point d'orgue de l'exposition, mais il en est fait mention. Le seul mini détails qui peut piquer ma critique, peut-être, éventuellement, si on insiste, ... c'est que l'image de l'exposition, choisie pour être la tête d'affiche, c'est l'œuvre Le Verrou, 1774-1778. Oui, et bien il y a un peu tergiversation sur est-ce qu'elle veut ? N'est-elle pas un peu pressée par le désir de son amant ? C'est dans l'exposition que c'est évoqué au sujet de cette œuvre.
  2. Et une ultime petite remarque, il aurait été drôle de donner une petite notice des iconographies de l'époque pour que les visiteurs puissent décrypter tous les petits symboles sexuels, et pour comprendre les discours picturaux très coquins qui se cachent sous de jolies compositions.
 

Marie

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