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Le Musée Carnavalet : Un chant d’amour pour Paris

     Un samedi après-midi, après avoir trouvé les précieuses cartouches papier-photo pour mon Polaroïd, à la boutique Impossible Project, en flânant, ça et là, je me suis retrouvée devant l'entrée du Musée Carnavalet. Je me suis dit « YOL», j'y vais.

     Il y avait peu de visiteurs – bien moins que dans les rues du Marais en tout cas –, relation de cause à effet ou simple corrélation, le personnel était extraordinairement agréable. La carte étudiante en Histoire de l'Art à la main, je fais la queue pour un ticket. J'entends « ticket gratuit », du coup, je range mon petit sésame pour les tarifs réduits un peu vexée. C'est toujours un peu surprenant un musée avec une exposition temporaire, gratuite, avec peu de visiteurs, un samedi. (c'est un peu le tiercé gagnant)

     J'y étais déjà venue au Musée Carnavalet, une fois pour l'exposition Les couleurs du ciel, je m'y étais rendue surtout pour voir des œuvres de Simon Vouet. En revanche je n'avais pas visité le musée en dehors des salles de l'exposition temporaire.

     Il faut l'avouer, au niveau de la circulation dans les différentes parties du Musée, soit je ne suis pas douée, soit c'est Poudlard, en empruntant tel ou tel escalier je me retrouvais partout, SAUF là ou je voulais atterrir. Il y a des salles avec du mobilier, des petites reconstitutions de salons et de chambres, d'habitude je ne suis pas très fan de mobilier, mais comme c'est présenté avec des œuvres peintes, j'ai bien apprécié. C'est comme visiter un hôtel particulier ou un album photo, c'est la sensation qui m'est restée. Une ballade temporelle de Louis XV à l'Art-Nouveau et même jusqu'aux peintures du débuts des avants-gardes. Les petits espaces de jardins sont, quant à eux, de véritables petites aires de repos spirituel, avec de petits bancs verts les uns loin des autres.

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     Bien sûr que toutes les œuvres du Musée ne sont pas de la même facture, de la même «qualité»*. Mais l'ensemble est harmonieux, joli, je n'ai pu m'empêcher de me croire dans une boîte à musique et dans la salle de bal je me refaisais la scène du dessin animé Anastasia... (des images, me reviennent, comme un souvenir tendre..) Oui je suis partie un peu loin, peut -être... Tout ça pour dire que l'ensemble fonctionne. Il n'est pas nécessaire d'étudier au cm2 près chaque œuvre exposée, chacun sa visite et cela permet de s'attarder sur d'autres œuvres lors d'un prochain tour. Le fait même qu'il y ait des œuvres qui attisent la curiosité tandis que d'autres non, ou moins, cela souligne d'autant plus la capacité à captiver de ces œuvres qui nous accrochent le regard.

     Ce qui m'a touché dans l'exposition sur la Révolution Française, c'est le souci d'intelligibilité qui a dû préoccuper les commissaires d'exposition. Tout n'est pas qu'une ode à la liberté dans la Révolution Française, et non, le 14 Juillet n'est pas la date de la Révolution en elle même, c'est le jour de la prise de la Bastille, certes mais on nous rappelle que l'abolition des privilèges et des droits féodaux n'est arrivée que plus tard en août 1789, le 4, avec l'adoption de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen le 26 de ce même mois (wiki est ton ami). C'est important car des œuvres peintes prennent le rôle d'archives, de témoin pictural, et même si ces toiles ne sont pas toutes terminées, elles appuient sur l'urgence de laisser une trace de ce temps là, ce qui est extrêmement appréciable à mes yeux pour une exposition sur une période aussi marquante de l'Histoire de France.

     Enfin, je me suis retrouvée au début, oui … c'est compliqué à saisir mais j'aurais sans dout mieux fait de commencer par la salle « proto-historique » de la ville de Paris, mais j'y suis allée un peu comme si je faisais ce qu'il me plaît. Cela ne m'a pas dérangé plus que cela, j'ai même trouvé que la salle était assez petite pour ne pas être ennuyante, car l'archéologie, n'est pas mon fort et en même temps assez documentée pour être intéressante. C'est sur la ville de Paris, ancienne Lutèce et c'est grâce à cette dernière pièce que j'en sui venue à dire « Ce musée est amoureux de sa ville ».

Juste parce que c'est beau :

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* – Et encore, j'apprécie peu cet épithète pour les œuvres d'art. C'est un jugement en rapport avec l'histoire de l'art qui a été faite, et dont les acteurs ont décidé qu'untel était plus important qu'un autre, c'est ainsi que l'on assiste aujourd'hui à des « redécouvertes » d'artistes passé(e)s sous silence ou peu étudié(e)s. Ne soyons cependant pas trop durs, car ces « choix » sont ceux qui permettent un renouvellement et des relectures en histoire de l'art. D'autant plus qu'il est probable que l'on ne soit jamais exhaustif. C'est peut-être en cela que réside la Beauté de la discipline à mon sens –.

On squatterait bien les bancs pour lire dehors, aux premiers rayons chaud du soleil... hum, Je note.

Marie

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