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L’amour au temps du Choléra

     Alors, oui, dit comme ça... Ça ne donne pas très envie, ce n'est pas sexy, encore moins glamour mais c'est un livre qui en vaut le détour, parce que :

  1. C'est mon meilleur ami de moi qui me l'a conseillé/prêté.
  2. C'est du Gabriel García Márquez (j'en ai déjà parlé ici).
  3. Ça parle d'amouuuuuuur mais pas le genre qui donne la gerbe.
  4. Seule alternative valable à l'émission "les Princes de L'amour" qui vient de finir.

     C'est une histoire d'amour qui n'est pas du tout évidente, elle ne prône pas l'existence d'un seul et unique amour, et cela nous fait du bien, cela redonne espoir. Pourquoi ? Parce que non, il n'existe pas qu'un seul amour par personne dans le monde et quand tu l'as cassé, il n'y a pas de garantie, quand tu es passé(e) à côté, quand il s'est fait la belle avec une personne que tu penses mieux que toi ou pire... si ton amour s'est fait la malle au Paradis, et bien NON, tu n'es pas condamné(e) à te sentir FOREVER ALONE pour le restant de tes jours.

     Outre cet aspect salvateur, l'histoire parle aussi de vieillesse, du temps qui passe, pour cela Gabriel García Márquez est vraiment doué. Rendre la décrépitude jolie, délicate et touchante sans tomber dans la tristesse, c'est une chose que je trouve particulièrement fascinante chez lui. De plus, entre les flots de sentiments, la beauté de la vie et du temps qui passe, ça parle de sexe. Oui oui, des histoires de fesses à la pelle, décrites de façon imagée, amusante parfois (Spoiler : en vieillissant, le drapeau a parfois du mal à se lever) et très juste dans les métaphores.

Speech

     Dans une petite ville des Caraïbes, le bon copain d'un vieux, le docteur Juvenal Urbino (on est d'accord, ce nom est douteux), meurt dans des circonstances tragiques, de type grecque, d'ascendance Phèdre. Fermina Daza, perd peu de temps après, son mari, Juvenal Urbino, pour le coup... il meurt très bêtement - c'est un peu une mort pourrie entre nous -. À la fin de la veillée, un homme apparaît, Florentino Ariza, qui vient lui jurer son amour. Enfin, il revient lui jurer son amour, parce qu'en fait on va faire un voyage, durant tout le livre pour comprendre comment on en est venu là.

     Florentino Ariza s'éprend de Fermina Daza dans leur jeunesse. Il est un peu maladroit, poète et violoniste à lui jouer des sérénades, non pas sous sa fenêtre parce que ce n'est pas très bien vu à la fin du 19ème siècle, mais depuis un lieu où le vent porte sa musique amoureuse à la chambre de Fermina. Beaucoup de lettres secrètes s'échangent, il veut l'épouser, elle l'aime en retour, mais il est pauvre et le père de Fermina Daza veut mieux pour sa fille, parce qu'il a des soucis d'argent et que ça l'arrangerait bien qu'elle épouse le Docteur Juvenal Urbino (un médecin dans la famille !). La raison conquiert le coeur de la belle, laissant le jeune Florentino bien triste. Elle vivra un vie résignée mais qui ne manquera pas de stabilité, d'un certain bonheur qui en émane tandis que lui, il bâtira sa vie pour un jour être digne d'elle. Il lui jure une certaine fidélité, des femmes, il en aura, des aventures suivies, aussi, mais de femme qui portera son nom, jamais.

     Chacun de leur côté, la vie continue, le temps dessine des lignes de souvenir sur leurs visages, qui remplissent aussi leurs mémoires et de façon admirable Gabriel García Márquez nous raconte non pas une histoire manquée, mais la vie à côté de cet amour indéfectible.

PS : un épisode met un peu mal à l'aise, c'est celui de la très jeune d'America Vicuña avec le vieux Florentino Ariza, il faut vraiment se préciser dans la tête que c'est un autre temps et d'autres mœurs, parce que pour le coup, quand on nous dit qu'il la déshabillait et lui délaçait ses chaussures comme on le ferait pour une enfant, avec mon raisonnement 2016, j'étais moyen chaude.

Au fait le Choléra,

c'est dégueu, ne googlez pas.

Marie

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Fragonard Amoureux, ah le coquin.

     Vendredi, matin, froid, pluie, mais le Musée du Luxembourg a su réchauffer mon cœur. Il est rare que je sorte d'une exposition aussi contente, rien à redire ou presque (allez, si tu veux, on chipote, tout en bas de l'article). Une exposition fort bien menée, du début à la fin, pas de salle plus faible qu'une autre. Un thème bien problématisé, dont on voit l'évolution des questions autour de ce dernier de salle en salle, bien introduit, bien expliqué. Les textes sur les murs ne sont pas à rallonge, mais concis et exposent bien le pourquoi du comment de la salle.

affiche_fragonard

Expo jusqu'au 24 janvier 2016.         19 rue Vaugirard, 75006, Paris.

     Bien sûr, qu'il a fallu se faufiler entre deux groupes, car entre nous … c'est juste insupportable d'être poursuivi ou embouteillé par des groupes et leurs guides, quand on en fait pas partie. L'exposition doit être invivable, inregardable s'il y a du monde, peut-être, mais ce n'était pas le cas pour moi ce jour là.

     Je ne suis d'habitude que très peu friande des œuvres des peintres académiques du XVIIIème siècle, mais je me suis laissée tentée parce que... Je ne sais pas, c'est à côté de chez moi ? Et puis sans être une fan de Fragonard, je savais qu'il avait travaillé avec un peintre que j'affectionne pour d'inexplicables raisons : Jean Siméon Chardin. Ce que j'ai aimé dans les œuvres de Fragonard, présentées au Musée du Luxembourg, c'est la manière de peindre qui diffère selon les plans, l'attention portée au paysage mais sans trop être pris sérieusement. C'est peut-être cela qui m'a touché, en dehors du fait d'appartenir à l'Académie Royale de peinture et de sculpture, il y a une sorte de nonchalance maîtrisée dans certaines parties d'une œuvre alors que d'autres en sont soulignées par le soin du détail et du travail de la matière picturale.

Pourquoi suis-je si contente de cette exposition ?

     Parce qu'il n'y a pas trop d'œuvres qui se tirent des ballent les unes sur les autres et qui provoquent un capharnaüm visuel, pas de répétition. Les artistes, en dehors de Fragonard sont choisis pour leurs thèmes, leurs liens, accords et différence avec lui. François Boucher est bien sûr très présent mais pour montrer à quel point ses leçons ont été retenues et dépassées par l'élève. On comprend le chemin qui a mené au libertinage, comme point culminant un peu "Olé Olé" de l'exposition, avec les œuvres destinées aux boudoirs ou maisons closes et estampes de romans. On perçoit le côté coquin de Fragonard, sans pour autant être sulfureux - on laisse cela à l'exposition du Musée d'Orsay, Splendeurs et Misères -, dans une subtilité qui ne manque pas d'humour, pour autant. Enfin l'exposition s'achève sur un retour à l'amour connecté aux sentiments, on laisse le libertinage de côté pour se poser la question de la réciprocité, autre question, autres tourments...

C'est un shmilblick vraiment bien ficelé avec une abondance de jeunes femmes aux seins découverts, à la peau marmoréenne et aux joues rosies de chaleur amoureuse et d'émoi. (Ou la la)

Bref, c'est pas ici que vous verrez du zizi.

Si, vraiment, tu veux qu'on chipote :

  1. Alors oui, un petit, tout petit, mini détails : il est abordé la question de la reconnaissance du "quand y a-t'il viol ?", car il y a le thème de la "vaine résistance", sujet épineux, certes, qui n'est pas le point d'orgue de l'exposition, mais il en est fait mention. Le seul mini détails qui peut piquer ma critique, peut-être, éventuellement, si on insiste, ... c'est que l'image de l'exposition, choisie pour être la tête d'affiche, c'est l'œuvre Le Verrou, 1774-1778. Oui, et bien il y a un peu tergiversation sur est-ce qu'elle veut ? N'est-elle pas un peu pressée par le désir de son amant ? C'est dans l'exposition que c'est évoqué au sujet de cette œuvre.
  2. Et une ultime petite remarque, il aurait été drôle de donner une petite notice des iconographies de l'époque pour que les visiteurs puissent décrypter tous les petits symboles sexuels, et pour comprendre les discours picturaux très coquins qui se cachent sous de jolies compositions.
 

Marie

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