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Maurizio Cattelan | Maurizio Cattelan

La Monnaie de Paris, 11 Quai de Conti, 75006 Paris.
#LOL 
Maurizio Cattelan,
même si tu ne connais pas,
TU CONNAIS.
     On retrouve des œuvres phares, c’est bien, parce qu’en terme de découverte d’un artiste contemporain, le néophyte ne déambule pas à l’aveugle dans une exposition qui l’exclut.
Le Pape renversé par une météorite, au milieu de la première salle de l’exposition.
*BIM*
     C’est ce qu’il se passe : des connexions sont rompues, d’autres s’établissent, la provocation s’immisce dans nos esprits. Un petit enfant perché fait du bruit avec son tambourin, mais qu’est-ce qu’il fait là-haut lui ? Ah, non mais c’est une œuvre, et ce n’est pas un vrai enfant, d’accord... Et les pigeons là ? En souvenir de la Biennale de Venise 2011 pardi ! Un clochard DANS la Monnaie de Paris, cela a l’air tout bête, trop facile même, pourtant il le fait et ça fait quelque chose.
     Comme une rétrospective pour l’artiste, l’exposition réunit des œuvres bien connues telles que celle représentant Jean-Paul II renversé par une météorite, qui fait partie de la collection François Pinault, mais aussi Him (bon, celle-là je ne la spoile pas), se trouvant dans l’ultime salle. Ceci n’est pas anodin, car c’est une œuvre qui l’a, en quelques sortes, fait revenir sur le devant de la scène grâce à sa vente le 8 mai de cette année à New York, pour à peu près 15 petits millions d’euros (Bitch better have my money). C’est la première fois qu’une exposition est entièrement consacrée à cet artiste, et nous en sommes heureux (Ah oui ? - OUI.)
     Les différents niveaux de lecture de ses œuvres sont vraiment appréciables, car si il y a de l’ironie et des ruptures de ton, l’évidence de certaines de ses propositions artistiques sont cependant très justes, sans chichis, sans fioriture, elles vont droit au but. Si toutefois, le sens d’une œuvre restait flou, suivez un petit groupe ou tendez l’oreille pour écouter ce que dit un médiateur, c’est toujours intéressant.
Je chipoterai cependant un peu sur les cartels aux textes parfois un peu WTF ou trop snob.
Marie

Marcel Duchamp versus Picasso – Petit apARTé #1

Marcel Duchamp versus Picasso

     On (les expositions, écrits, petit précis d'art...) tend souvent à dresser Marcel Duchamp face à Picasso, comme s'il était son contraire... mais c'est l'histoire qu'on en a fait, car je ne pense pas que l'on ait vraiment, réellement, de preuve tangible d'une quelconque animosité ou querelle artistique entre ces deux-là. Duchamp fait-il réellement un art en rien comparable à celui de Picasso ?

     Je ne crois pas, Philippe Dagen (#mondirecteurdemémoire) non plus, il souligne un point intéressant le vendredi 30 octobre 2015 lors de son séminaire auquel j'assistais paisiblement, sans somnolence, en poussant la réflexion, j'en viens à me demander :

Est-ce bien raisonnable de dresser Duchamp face à Picasso en ce qui concerne la démarche artistique ?

Pas toujours...

     Le ready-made et/ou le ready-made aidé déplace un objet ancrée dans une réalité et un champ du quotidien pour le faire entrer dans une autre dimension, celle de l'art, l'objet du quotidien perd son usage, sa fonction, pour que l'on en fasse une œuvre d'art, la regard sur le même et unique objet change, la manière de l'analyser change donc quand Duchamp renverse un urinoir et l'intitule "Fontaine". Soit-dit en passant, le nom de  l'objet change de genre aussi, coïncidence ? Je n'crois pas, transsexualité artistique ? Non plus, non... Quoi que ! #RroseSelavy. Que se passait-il dans les collages de Picasso ? Les bribes d'objets, de papier du quotidien : la toile cirée à l'imprimé de chaise cannée ou le journal, des choses du quotidien donc, étaient tirées de leur environnement pour être intégrer à une œuvre d'art, outre le fait d'intégrer un "morceau de réalité" pour le présenter au lieu de le représenter dans une pièce artistique.

                     

N'y a-t-il pas déplacement ici ?

La démarche était-elle aussi différente dans sa forme, dans son résultat, de celle que Duchamp a réalisée plus tard ?

Je vous pose la question.

 
Rappel : premiers Papiers collés vers 1912 / premiers Ready-mades vers 1916.

Marie

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Vivre pour l’art – Jacques Doucet / Yves Saint Laurent.

Exposition jusqu'au 14 février 2016 - Fondation Pierre Bergé, 5 avenue Marceau, Paris.

    Ce qu'a voulu Pierre Bergé, c'est établir des liens, une comparaison entre Jacques Doucet, grand couturier et collectionneur (1853-1929) et Yves Saint Laurent (1936-2008), que l'on ne présente plus, en sélectionnant des pièces de mobilier, des tableaux, des sculptures ayant appartenues à l'un et à l'autre, et quelques pièces qui ont été à l'un puis acquises par l'autre. (allant de Jacques Doucet à Yves Saint Laurent, bien entendu)

    On se retrouve donc dans une exposition dont la scénographie* constitue une synthèse, une combinaison imaginaire de deux lieux espacés dans le temps et l'espace - deux appartements différents - . C'est donc dans un espace qui n'est pas tout à fait une REconstitution que l'on déambule. L'exposition est petite, certes, mais c'est une expérience douce et chaleureuse. C'est un peu comme entrer chez quelqu'un dont l'appartement nous coupe le souffle. On pourrait faire "Wow" pendant des heures que ce ne sera jamais suffisant et que nos cordes vocales nous lâcheraient, sans que nous ayons pu exprimer tout notre émerveillement.

*Par Nathalie Crinière

    Les trois premières salles sont celles pour l'intérieur Jacques Doucet, les 2 suivantes (un peu plus grandes) pour l'intérieur Yves Saint Laurent, on y voit même un bar pensé par Saint Laurent lui même. Les références se bousculent mais tout est à sa place, un enchaînement comme si l'on lisait le papier perforé d'une boîte à musique.

     1 Tabouret curule de Pierre Legrain (c. 1920-1925), 2 la Muse endormie de Brancusi (1910), 3 La charmeuse de serpents du Douanier Rousseau (1907), 4 Sur la plage de Manet (1873), 5 Il Ritornante de Chirico (1917-1918), 6 Composition avec bleu, rouge, jaune et noir de Mondrian (1922), 7 Portrait de Don Luis María de Cistué y Martinez de Goya (1791), 8 La blouse rose de Modigliani (1919), 9 Le profil noir de Fernand Léger (1928), 10 L'homme à la guitare de Picasso (1912), 11 les Portraits d’Yves Saint Laurent d'Andy Warhol (1972), des pièces d'Eileen Gray, des miroirs avec les cadres comme des sortes de branchages... Tout cela dans un même lieu, c'est touchant, intime, comme un lieu secret, un musée imaginaire ou encore mieux : l'intérieur d'une lampe de deux génies. Parfois j'ai eu l'impression que le mobilier, les sculptures et les tableaux étaient mis en scène comme s'ils étaient des reliques qui portaient en elles une petite part des esprits de Doucet et de Saint Laurent.

Capture d’écran 2015-11-29 à 19.58.56

Chipotage tiré par les cheveux :

Si, moi, Marie, j'avais pu ajouter une touche farfelue, grâce à des fonds illimités et des fous qui me trouvent géniale,... j'aurais fait des projections holographiques de Jacques Doucet et d'Yves Saint Laurent dans l'exposition qui se baladent ou s'installent sur une chaise exposée.

...

Quoi ? On l'a bien fait pour Tupac au festival de Coachella en 2012, permettant à Dr Dre et Snoop Dogg entre autres de faire bouger des fesses au rythme de paroles aux phrasés entraînants en chantant avec Tupac.

(#Lazaruseffect)


 Affinités spirituelles dans l'appréciation du beau, c'est une exposition qui retranscrit bien des choses, soulignent des convergences de choix et de sensibilités artistiques de deux personnes qui ne se sont jamais croisées, qui n'ont même pas foulé le sol de cette planète simultanément...

(#LogorrhéeLyrique)

Je suis intimement persuadée que le commissaire Jérôme Neutres, la scénographe Nathalie Crinière et le décorateur Jacques Grange ont fait une séance de spiritisme autour d'une table de Oui-ja pour se mettre d'accord avec Yves Saint Laurent et Jacques Doucet en même temps.


Marie 

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