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Marilyn Monroe 1962 | Livre

Marilyn 1962

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Encore et toujours Marilyn... Indémodable ? Indétrônable ? Insaisissable ?

 

     Mouaiiis, c'est vrai qu'en ce moment, si tu tapes "Marilyn" sur la barre de recherche Google, c'est Marilyn Manson qui arrive en première position de proposition de recherche, puis "Marilyn Monroe mort". Bon entre nous, la reprise de la chanson “Cat People (Putting Out Fire)” de David Bowie par Marilyn Manson et Shooters Jennings y est un peu pour quelque chose... Je dis ça, je ne dis rien.

Capture d’écran Marilyn

     Ma chère Charly, m'a gentiment donné un petit nouveau de chez Stock, Marilyn 1962, à lire, non pas que je voue un culte à une quelconque personnalité mais je me suis souvent amusée des ressemblances qu'on me prêtait à ce sex symbol lorsque j'étais blonde platine et que je mettais du rouge à mes lèvres. Je vous l'accorde, je tenais la canne à pêche et l'appât pour qu'on me le dise.


Ça parle de quoi ?

     De Marilyn, pardis ! Oui mais... il ne s'agit pas de celle que l'on croit connaître, pas celle sur papier glacé. Sans être pour autant une biographie, l'ouvrage dévoile la dernière année de vie de l'actrice qui partit avant de décliner. Suicide ? Complot ? Assassinat ? Ce n'est pas le sujet, ni une question. Il s'agit des récits de Eunice, Whitey, Agnes, Ralph, Ralph encore, mais aussi Paula, Inez, Larry, Evelyn, Cherie, May et Pat. Ils ont vécu aux côtés de Marilyn Monroe, amis, collaborateurs, proches… en réalité quasiment tous ses employés. On peut lire au dos du livre :

"[...] Un entourage à défaut d’une famille. Que signifiait pour eux côtoyer la plus grande star d’Hollywood, jamais à court de paradoxes ? Qui étaient-ils et quels liens avaient-il tissés avec celle qui mourut à trente-six ans, adulée de tous, mais seule dans sa maison de Brentwood à peine meublée ? Une plongée au coeur des coulisses d’un monde disparu à travers douze personnages, héros du roman vrai des derniers jours de Marilyn Monroe."

    Marilyn Monroe n'est finalement même pas l'héroïne du livre, elle en est plus tôt le thème qui revient et qui réunit les récits de ces personnes. Ce sont de véritables variations musicales sur sa personne et sur ce qu'elle représentait aussi pour Hollywood. L'approche est différente et a vraiment le mérite de sortir des sentiers battus.


Pourquoi moi aimer ce livre ? 

  C'est une Marilyn Monroe bien plus complexe, plus tourmentée, entre fragilité et poignée de fer, entre tyrannie et douceur qui nous est dévoilée. C'est un peu le groupement des scènes coupées, des backstages du film de sa vie, et ça me plaît. J'avais déjà lu quelques détails de sa vie, qui était loin de celle qu'elle jouait dans ses films et de son personnage de Marilyn qui n'avait pas grand chose avec Norma Jean Baker, si ce n'est la volonté de réussir. En revanche sa fragilité, ses réactions excessives, ses décisions intransigeantes soufflées, son influençabilité,... je ne savais. C'est véritablement un écrit touchant et original.


Qu'est ce qui m'a fait un peu tiquer ?

     C'est un choix qui a été fait mais je trouve que parfois, il y a répétition plus que entremêlées ou tissages entre les récits des différentes personnes et cela peut un peu titiller le cerveau. Aussi je reconnais que j'avais envie d'en savoir plus et j'ai trouvé que  du coup, l'ouvrage était un peu superficiel par moment. (oui, je suis chiante)

Voilà voila, profitez des vacances pour lire au lieu de geeker.

Oui c'est une message lancé à mon petit frère...

DÉCOLLE TON NEZ DE TON PORTABLE ET ELOIGNE TES DOIGTS DE TON CLAVIER D'ORDINATEUR TOUT DE SUITE SINON JE TE RASE UN SOURCIL !!!

Marie

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Une colère noire

     C'est par hasard, qu'un jour où ma chère et tendre mère m'avait traînée pour faire partie du public du Grand Journal sur Canal + (pas contre ma volonté, rassurez-vous), que j'ai entendu parler de Ta-Nehisi Coates. Ils en parlaient rapidement sur le plateau et le titre m'avait interpellé, Une colère noire.

Il faut le lire parce que :

  1. C'est un sujet actuel que l'on entend gronder et qui trouve ici ses mots.
  2. L'urgence de cette lettre se ressent dans l'écriture et ça touche.
  3. Si tu ne le lis pas, tu vas te faire racler de raciste. (#JOKE)

     C'est une lettre ouverte à son fils, de Ta-Nehisi Coates, il lui raconte, sans détour, sans filtre, son expérience, ses ressentis, ses craintes en tant qu'Américain des États-Unis, enfin, en tant que "Afro-Américain". Il lui raconte son enfance et son adolescence jusqu'à ce qu'il devienne père, son père. Il détaille et trouve de bons arguments sur la violence qu'il a vu, qu'il a vécu en grandissant et qu'il pense être le propre de ceux qui partagent les nuances de sa couleur de peau.

   Il lui explique que le "Blanc" est une catégorie construite, inventée par rapport à la couleur de peau, mais qu'avant l'esclavage, avant bien d'autres choses encore, le "Blanc" n'en était pas un.

Page 24

Ce peuple nouveau est, comme nous, une invention récente.

[...]

 Avant d'être blanc, ces gens nouveaux étaient autre chose - ils étaient catholiques, corses, gallois, mennonites, juifs - et si notre idéologie nationale devenait un jour réalité, alors ces gens changeront de nom à nouveau. Peut-être deviendront-ils vraiment américains et offriront-ils une origine plus noble à leurs mythes.

     Il lui dit que toutes les discriminations d'aujourd'hui, toutes les injustices qu'il peut et qu'il pourra subir dans sa vie, sont des accumulations de traumatismes d'histoire, d'un manque au devoir de mémoire de ces "Blancs". L'American Dream est un rêve de "Blanc" construit sur le travail forcé, les souffrances des hommes, femmes et enfants arrachés à leur terres natales pour faire fructifier les entreprises de quelques hommes qui se sont déclarés supérieurs et propriétaires de ces corps.

Page 59

"Si tu es noir, tu es né en prison", disait Malcolm. La vérité contenue dans cette phrase me frappait : j'y pensais à chaque fois que je devais éviter certains quartiers,

[...].

     Le pillage du corps noir est un autre sujet qui m'a marqué dans ce livre. Le fait que le corps noir, encore aujourd'hui aux États-Unis, est plus fragile, moins protégé, que le corps blanc. En témoigne les nombreuses bavures policières qui restent impunies, et font de plus en plus grogner dans les foyers de ceux qui peuvent se retrouver déposséder de leur corps, sur un jugement physique.

Pages 100-101.

Mais tu es un garçon noir, et tu dois rester responsable de ton corps d'une manière inconnue des autres garçons. [...] Et tu dois rester responsable des corps des puissants - le policier qui te frappe avec sa matraque sera prompt à trouver une justification dans le plus ténu de tes mouvements. [...] Tu dois faire la paix avec le chaos, mais tu ne peux pas mentir. Tu ne peux pas oublier tout ce qu'ils nous ont pris et la façon dont ils ont transfiguré nos corps pour en faire du sucre, du tabac, du coton et de l'or.

     Je me sens touchée d'une manière particulière et intime, dans le fait qu'il aborde aussi la notion du "One drop", une sorte de grain de sable dans tes draps de soie. Il suffit d'un (arrière) grand-parent noir pour en garder les cheveux frisés, les yeux, ou le nez, la bouche et une couleur de peau dorée, comme une ombre portée sur ton être.

Allez, va l'acheter ce bouquin.

Marie

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L’amour au temps du Choléra

     Alors, oui, dit comme ça... Ça ne donne pas très envie, ce n'est pas sexy, encore moins glamour mais c'est un livre qui en vaut le détour, parce que :

  1. C'est mon meilleur ami de moi qui me l'a conseillé/prêté.
  2. C'est du Gabriel García Márquez (j'en ai déjà parlé ici).
  3. Ça parle d'amouuuuuuur mais pas le genre qui donne la gerbe.
  4. Seule alternative valable à l'émission "les Princes de L'amour" qui vient de finir.

     C'est une histoire d'amour qui n'est pas du tout évidente, elle ne prône pas l'existence d'un seul et unique amour, et cela nous fait du bien, cela redonne espoir. Pourquoi ? Parce que non, il n'existe pas qu'un seul amour par personne dans le monde et quand tu l'as cassé, il n'y a pas de garantie, quand tu es passé(e) à côté, quand il s'est fait la belle avec une personne que tu penses mieux que toi ou pire... si ton amour s'est fait la malle au Paradis, et bien NON, tu n'es pas condamné(e) à te sentir FOREVER ALONE pour le restant de tes jours.

     Outre cet aspect salvateur, l'histoire parle aussi de vieillesse, du temps qui passe, pour cela Gabriel García Márquez est vraiment doué. Rendre la décrépitude jolie, délicate et touchante sans tomber dans la tristesse, c'est une chose que je trouve particulièrement fascinante chez lui. De plus, entre les flots de sentiments, la beauté de la vie et du temps qui passe, ça parle de sexe. Oui oui, des histoires de fesses à la pelle, décrites de façon imagée, amusante parfois (Spoiler : en vieillissant, le drapeau a parfois du mal à se lever) et très juste dans les métaphores.

Speech

     Dans une petite ville des Caraïbes, le bon copain d'un vieux, le docteur Juvenal Urbino (on est d'accord, ce nom est douteux), meurt dans des circonstances tragiques, de type grecque, d'ascendance Phèdre. Fermina Daza, perd peu de temps après, son mari, Juvenal Urbino, pour le coup... il meurt très bêtement - c'est un peu une mort pourrie entre nous -. À la fin de la veillée, un homme apparaît, Florentino Ariza, qui vient lui jurer son amour. Enfin, il revient lui jurer son amour, parce qu'en fait on va faire un voyage, durant tout le livre pour comprendre comment on en est venu là.

     Florentino Ariza s'éprend de Fermina Daza dans leur jeunesse. Il est un peu maladroit, poète et violoniste à lui jouer des sérénades, non pas sous sa fenêtre parce que ce n'est pas très bien vu à la fin du 19ème siècle, mais depuis un lieu où le vent porte sa musique amoureuse à la chambre de Fermina. Beaucoup de lettres secrètes s'échangent, il veut l'épouser, elle l'aime en retour, mais il est pauvre et le père de Fermina Daza veut mieux pour sa fille, parce qu'il a des soucis d'argent et que ça l'arrangerait bien qu'elle épouse le Docteur Juvenal Urbino (un médecin dans la famille !). La raison conquiert le coeur de la belle, laissant le jeune Florentino bien triste. Elle vivra un vie résignée mais qui ne manquera pas de stabilité, d'un certain bonheur qui en émane tandis que lui, il bâtira sa vie pour un jour être digne d'elle. Il lui jure une certaine fidélité, des femmes, il en aura, des aventures suivies, aussi, mais de femme qui portera son nom, jamais.

     Chacun de leur côté, la vie continue, le temps dessine des lignes de souvenir sur leurs visages, qui remplissent aussi leurs mémoires et de façon admirable Gabriel García Márquez nous raconte non pas une histoire manquée, mais la vie à côté de cet amour indéfectible.

PS : un épisode met un peu mal à l'aise, c'est celui de la très jeune d'America Vicuña avec le vieux Florentino Ariza, il faut vraiment se préciser dans la tête que c'est un autre temps et d'autres mœurs, parce que pour le coup, quand on nous dit qu'il la déshabillait et lui délaçait ses chaussures comme on le ferait pour une enfant, avec mon raisonnement 2016, j'étais moyen chaude.

Au fait le Choléra,

c'est dégueu, ne googlez pas.

Marie

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