Archive for Expositions

Picasso.Mania

Exposition au Grand Palais jusqu'au 29 février 2016.

Comment est-ce vendu ?

  • Trois années de préparation par le commissaire général Didier Ottinger, directeur adjoint du Musée national d’Art moderne - Centre Pompidou ; les commissaires Diana Widmaier-Picasso, historienne de l’art (accessoirement la petite-fille de Picasso), et Émilie Bouvard, conservatrice au Musée national Picasso-Paris.
  • Une exposition chronologique et thématique, qui retrace (seulement) 3 grandes (? les autres seraient-elles moindres ?) étapes artistiques de Picasso, le cubisme, les années 1930 et les œuvres tardives, l'accueil reçu à l'époque, ainsi que la presque omniprésence dans les paysages artistiques de son époque et encore aujourd'hui.
  • Le sujet central, c'est Picasso, il est le liant entre tous les artistes, ces "superstars" de l'art, il est le sujet, le début et il est présent encore à la fin.

Comment ai-je perçu ?

  • "Ça aurait pu être vraiment bien", oui l'exposition aurait-pu être vraiment bien, mais elle semble ressasser des choses que l'on aurait pu voir et lire dans d'autres expositions, ou dans la rétrospective de chacun des artistes présentés en ce lieu, à cette occasion. Il est dommage d'avoir attribué un artiste, un seul, à une période ou œuvre de Picasso, c'est mon avis certes, mais je crois que cela appauvrit l'impact voulu par l'exposition, qui si je peux me permettre de résumer, portait sur l'écrasante importance de Picasso sur le monde de l'art contemporain, tel un gourou et la sorte d'unanimité qui règne autour de lui.
  • Un choix de périodes qui en évacuent d'autres, c'est dommage d'avoir passé sous silence ou presque la période bleue pour ne montrer que les périodes déjà connues et reconnues, c'est peut-être qu'un détail pour certains mais ... ça m'a manqué.
  • Un peu trop marketing à mon goût, pourtant la manière d'accrocher comme une reconstitution de ce que cela aurait pu être du temps de Picasso, de la façon dont il aurait pu lui-même réaliser l'accrochage est une approche vivifiante car elle "personnalise" l'exposition. Cela reste tout de même un peu, beaucoup, une ode aux superstars de l'histoire de l'art contemporain.
  • Absence de Francis Bacon, pourquoi ? Des soucis à obtenir des œuvres ? Mystère, mystère...  ça je l'ai remarqué mais, Olivier Cena, n'y est pas allé de main morte pour souligner un impact "négligé".
  • Certaines salles sont, à mon avis, mal amenée, l'explication est trop succincte ou abstraite pour appréhender la scénographie à suivre ou la présence de telle ou telle œuvre.

     L'exposition n'est pas parfaite, c'est sûr, mais une vraiment bonne raison d'y aller, c'est de voir dans un même lieu, autant d'œuvres de Picasso et de "SuperstARTs" (oui, je suis fière de ce mot) c'est tout de même une chance d'aller approcher ces œuvres qui ne sont peut-être pas toujours des plus accessibles. Même si j'aurais aimé voir des œuvres physiquement rapprochées de celles de Picasso pour vraiment comparer et établir des liens, rien ne nous empêche de faire ces rapprochements dans notre tête, dans notre propre version imaginée de l'exposition, en s'inspirant du Musée imaginaire d'André Malraux.

Marie

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Images :

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Expo : Elisabeth Vigée Le Brun

Grand Palais - Exposition jusqu'au 11 Janvier 2016.

     Je l'ai déjà dit, la peinture académique n'est pas vraiment mon Dada, mais j'ai remis le couvert après Fragonard, par curiosité. Quelle jolie surprise ! Ce mercredi soir, pour la nocturne, je me suis rendue au Grand Palais accompagnée d'un ami qui avait ses entrées. (Merci à sa Maman, d'ailleurs)

     Il y avait du monde et c'était peu commode, certes, mais je suis sortie avec le sentiment d'avoir appris bien des choses et surtout avec de quoi nourrir des réflexions sur le statut d'artiste, ses qualités à réussir telle ou telle chose - d'une manière différente de celle de ses pairs - sont-elles liées à un certaine sensibilité féminine ? ...  Bref, ne nous égarons pas.


D'abord, pour être honnête, d'Elisabeth Vigée Le Brun, je ne connaissais que ça :

Marie-Antoinette à la rose, 1783. Je connais cette œuvre là car elle était sur une carte postale que j'avais gardée d'une visite à Versailles et que je la trouve super-méga-ultra Kitsch.

Madame Vigée Le Brun et sa fille, 1789. Je connaissais cette œuvre pour l'avoir reproduite à 12-13 ans en guise de cadeau de Fête des Mères, pour la mienne donc... sachez que ce cadeau a très vite atterri à la cave. Nous repasserons plus tard sur la sensibilité de ma mère.

                                   

     Ce n'est pas très excitant, malgré les qualités picturales... Mais Mais Mais Mais (il y a assez de Mais ?) après l'exposition, j'ai tiré mon chapeau imaginaire !


     C'est une exposition chronologique (oui, normal pour une rétrospective), ainsi elle s'ouvre sur les paroles du père d'Elisabeth Vigée Lebrun, pastelliste :

" Tu seras peintre mon enfant, ou jamais il n'en sera

(Ok, la phrase sans aucune pression)

     On commence donc par les œuvres de ceux qui ont été impliqués dans son éducation artistique : son Papounet, Joseph Vernet, Jean-Baptiste Greuze ... On a ensuite ses œuvres de jeunesse, ce qui nous permet de voir les leçons qu'elle tire des conseils qu'on lui prodigue (en comparant les œuvres présentes, bien entendu), elle étudie aussi Rembrandt et Van Dyck - pas de jeu de mot, s'il vous plaît - . Elle fait les portraits de sa famille, de ses proches... On voit ainsi comment elle travaille le pastel, avec un brio hérité de son père, très certainement. Ce sont donc quelques pastels sur papier marouflé sur toile que l'on peut observer à proximité de ses peintures à l'huile. Pourquoi je dis cela ? Parce qu'on se rend alors compte que sa manière de travailler l'huile donne un rendu similaire à ses œuvres de pastel. Elle obtient des commandes et, de son art, elle commence à gagner sa vie, sa première œuvre reconnue est celle du portrait de sa mère, alors qu'elle n'a que 15 ans tout de même ! (Tu faisais quoi, toi, à 15 ans ? Hein ?)


     Ce qui est vraiment appréciable dans cette exposition, c'est de ne pas avoir joué la carte

 "REGARDEZ, c'est une femme et elle peint, c'est fou non ?"

     Non, en effet, pour ma part, j'ai trouvé qu'elle était présentée comme une artiste, d'abord, puis on lui accorde des sensibilités ou des subtilités sans dire que c'est parce que c'est une femme, mais parce qu'elle comprend certaine chose, à partir de sa propre expérience : la maternité par exemple, elle la représente et la retranscrit de manière délicate, car elle est mère aussi, mais après tout, toutes les femmes ne sont pas mères !

     Femme à l'intelligence sociale certaine, elle a su tisser des relations avec les gens qui comptaient et qui lui permettaient de vivre de ses œuvres. Son mariage avec Jean-Baptiste Pierre Le Brun n'a pas été le plus heureux des mariages, peut-être, mais il a servi sa carrière, puisque ce denier était marchand d'art, il a donc aussi été son agent. Elle a, selon moi, bien ancrer son statut d'artiste d'une manière affirmée : par l'autoportrait, elle s'est souvent représentée en artiste, avec ses pinceaux, et pas seulement en tant que mère, certains ont évoqué du narcissisme, puisqu'elle était jolie, mais je pense plutôt que c'était une manière de profiter de son joli minois pour se représenter en peintre. (théorie, hypothèse, quand tu nous tiens !)

     Force de caractère, sans doute, après la Révolution Française, elle est partie de la France avec sa fille, (sans mari, la coquine !) - vous imaginez bien que faire les portraits de membres de la cour n'était pas un métier très en vogue... - Elle a su trouver grâce auprès des nobles, princesses et reines des différentes cours d'Europe : Italie, Autriche, Russie ...


     Cette exposition n'est pas juste une galerie de portraits, non, la manière dont c'est fait... c'est comme faire un voyage, d'œuvre en œuvre, dans l'album de la vie de l'artiste. L'exposition  répond aux questions que l'on se pose (et j'aime ça), on a même le droit à une carte de son périple lors des années d'exil de notre chère Elisabeth Vigée Le Brun.

     Pourquoi ce n'est pas qu'une galerie de portraits ?

  • Parce que de tableau en tableau, de salle en salle, on nous propose de voir l'émulation féminine, comment travaillaient les autres artiste peintres femmes, puisque même si c'était un peu compliqué à l'époque, elle n'était pas la seule artiste féminine ! Et on peut voir les différentes approches du portrait, du traitement de la matière picturale de la part des autres artistes comme Adélaïde Labille-Guiard.
  • Si on regarde au-delà des visages, on peut voir l'évolution des modes vestimentaires à travers les décennies puisqu'Elisabeth Vigée Le Brun a peint pendant plus de 70 ans. On note la mode à l'Orientale (Turque), avec des femmes qui posent en vêtement de sultan, on voit les différents styles de robes, l'influence de Marie-Antoinette en la matière, puisque même si son portrait en robe d'intérieur a fait scandale (Non mais oh ! On ne peint pas la Reine en culotte), il n'empêche que d'autres femmes se sont faites représentées de la sorte ! #followers.
  • Outre la mode à travers le temps, on la voit aussi selon les cours d'Europe, on voit les subtilités de la mode Habsbourgeoise (noire), par rapport à la mode autrichienne ou Russe (beaucoup, beaucoup de broderie).
  • Si la mode était aussi à la fantaisie, beaucoup se faisaient représenter en tenue romaine ou antique. #tropdeSwag (d'ailleurs, on en parle ou pas des bandeaux sur la tête en mode le retour de la Momie (ici)? )
  • On voit aussi que l'artiste a fait son temps, au début du 19ème siècle, elle a continué à faire ce qu'elle faisait de mieux, sans faire sentir d'essoufflement de carrière, mais on perçoit que si son art et son brio n'avait point faibli, en revanche, la société avait changé et sa mort lui a peut-être permis de ne pas connaître une fin de carrière tragique dans la misère. #artistedéchueoubliée
C'est une belle exposition, mais ... chipotons un peu par plaisir :
  1. Il y a, à mon goût, un poil trop d'œuvres, il aurait peut-être fallu restreindre encore la sélection pour aérer certaines salles (surtout celles de l'exil) et mieux apprécier les tableaux.
  2. La salle sur les autres artistes féminines, excellente idée, mais pourquoi pas plus d'œuvres d'Adélaïde, la "rivale" ? Ou alors plus d'explications sur la présence des autres artistes qui ne sont pas bien introduites dans l'exposition ?
  3. Petit point de détail : ce n'était pas très clair sur l'histoire de son mariage, on nous dit que le mari demande le divorce après la Révolution Française et à la fin de l'exposition, il est fait mention du mari comme s'il ne s'était rien passé *. J'ai du aller voir sur Wikipédia pour comprendre qu'à son retour à Paris elle était retournée chez son mari dont elle avait divorcé. #niVuniConnuJetembrouille.
  4. Puisqu'elle faisait des portraits et qu'elle en a fait dans différents pays ... la physionomie, ça la connaît, il est fait mention de son habileté à harmoniser certains traits sans perdre de la ressemblance, pour flatter les égos. Pourtant, il n'est rien dit sur les physionomies des membres des autres cours d'Europe, pourtant j'ai bien vu que les  Russes étaient bien plus canons que les autres!

* Je relève cela parce que c'est dans l'exposition qu'on nous en parle, alors qu'on soit concis. #PsychoRigide

Marie

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E. Vigée Le Brun - Hubert Robert, 1788.

E. Vigée Le Brun - Portrait de l'artiste avec sa fille, dit "la Tendresse maternelle", 1786.

E. Vigée Le Brun - Julie Le Brun en baigneuse, 1792.

E. Vigée Le Brun - La Comtesse Johann Nepomuk Josef de Longueval von Bucquoi, née Maria Theresia von Paar, 1793.

   

E. Vigée Le Brun - La princesse Anna Alexandrovna Golitzyna, v. 1797.

E. Vigée Le Brun, Jeune femme, dite Léontine de Rivière, 1831.

                                                                             

FLASH : Dans cette expo on voit les aïeux du selfie et d'Instagram.

     

Fragonard Amoureux, ah le coquin.

     Vendredi, matin, froid, pluie, mais le Musée du Luxembourg a su réchauffer mon cœur. Il est rare que je sorte d'une exposition aussi contente, rien à redire ou presque (allez, si tu veux, on chipote, tout en bas de l'article). Une exposition fort bien menée, du début à la fin, pas de salle plus faible qu'une autre. Un thème bien problématisé, dont on voit l'évolution des questions autour de ce dernier de salle en salle, bien introduit, bien expliqué. Les textes sur les murs ne sont pas à rallonge, mais concis et exposent bien le pourquoi du comment de la salle.

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Expo jusqu'au 24 janvier 2016.         19 rue Vaugirard, 75006, Paris.

     Bien sûr, qu'il a fallu se faufiler entre deux groupes, car entre nous … c'est juste insupportable d'être poursuivi ou embouteillé par des groupes et leurs guides, quand on en fait pas partie. L'exposition doit être invivable, inregardable s'il y a du monde, peut-être, mais ce n'était pas le cas pour moi ce jour là.

     Je ne suis d'habitude que très peu friande des œuvres des peintres académiques du XVIIIème siècle, mais je me suis laissée tentée parce que... Je ne sais pas, c'est à côté de chez moi ? Et puis sans être une fan de Fragonard, je savais qu'il avait travaillé avec un peintre que j'affectionne pour d'inexplicables raisons : Jean Siméon Chardin. Ce que j'ai aimé dans les œuvres de Fragonard, présentées au Musée du Luxembourg, c'est la manière de peindre qui diffère selon les plans, l'attention portée au paysage mais sans trop être pris sérieusement. C'est peut-être cela qui m'a touché, en dehors du fait d'appartenir à l'Académie Royale de peinture et de sculpture, il y a une sorte de nonchalance maîtrisée dans certaines parties d'une œuvre alors que d'autres en sont soulignées par le soin du détail et du travail de la matière picturale.

Pourquoi suis-je si contente de cette exposition ?

     Parce qu'il n'y a pas trop d'œuvres qui se tirent des ballent les unes sur les autres et qui provoquent un capharnaüm visuel, pas de répétition. Les artistes, en dehors de Fragonard sont choisis pour leurs thèmes, leurs liens, accords et différence avec lui. François Boucher est bien sûr très présent mais pour montrer à quel point ses leçons ont été retenues et dépassées par l'élève. On comprend le chemin qui a mené au libertinage, comme point culminant un peu "Olé Olé" de l'exposition, avec les œuvres destinées aux boudoirs ou maisons closes et estampes de romans. On perçoit le côté coquin de Fragonard, sans pour autant être sulfureux - on laisse cela à l'exposition du Musée d'Orsay, Splendeurs et Misères -, dans une subtilité qui ne manque pas d'humour, pour autant. Enfin l'exposition s'achève sur un retour à l'amour connecté aux sentiments, on laisse le libertinage de côté pour se poser la question de la réciprocité, autre question, autres tourments...

C'est un shmilblick vraiment bien ficelé avec une abondance de jeunes femmes aux seins découverts, à la peau marmoréenne et aux joues rosies de chaleur amoureuse et d'émoi. (Ou la la)

Bref, c'est pas ici que vous verrez du zizi.

Si, vraiment, tu veux qu'on chipote :

  1. Alors oui, un petit, tout petit, mini détails : il est abordé la question de la reconnaissance du "quand y a-t'il viol ?", car il y a le thème de la "vaine résistance", sujet épineux, certes, qui n'est pas le point d'orgue de l'exposition, mais il en est fait mention. Le seul mini détails qui peut piquer ma critique, peut-être, éventuellement, si on insiste, ... c'est que l'image de l'exposition, choisie pour être la tête d'affiche, c'est l'œuvre Le Verrou, 1774-1778. Oui, et bien il y a un peu tergiversation sur est-ce qu'elle veut ? N'est-elle pas un peu pressée par le désir de son amant ? C'est dans l'exposition que c'est évoqué au sujet de cette œuvre.
  2. Et une ultime petite remarque, il aurait été drôle de donner une petite notice des iconographies de l'époque pour que les visiteurs puissent décrypter tous les petits symboles sexuels, et pour comprendre les discours picturaux très coquins qui se cachent sous de jolies compositions.
 

Marie

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