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Marcel Duchamp versus Picasso – Petit apARTé #1

Marcel Duchamp versus Picasso

     On (les expositions, écrits, petit précis d'art...) tend souvent à dresser Marcel Duchamp face à Picasso, comme s'il était son contraire... mais c'est l'histoire qu'on en a fait, car je ne pense pas que l'on ait vraiment, réellement, de preuve tangible d'une quelconque animosité ou querelle artistique entre ces deux-là. Duchamp fait-il réellement un art en rien comparable à celui de Picasso ?

     Je ne crois pas, Philippe Dagen (#mondirecteurdemémoire) non plus, il souligne un point intéressant le vendredi 30 octobre 2015 lors de son séminaire auquel j'assistais paisiblement, sans somnolence, en poussant la réflexion, j'en viens à me demander :

Est-ce bien raisonnable de dresser Duchamp face à Picasso en ce qui concerne la démarche artistique ?

Pas toujours...

     Le ready-made et/ou le ready-made aidé déplace un objet ancrée dans une réalité et un champ du quotidien pour le faire entrer dans une autre dimension, celle de l'art, l'objet du quotidien perd son usage, sa fonction, pour que l'on en fasse une œuvre d'art, la regard sur le même et unique objet change, la manière de l'analyser change donc quand Duchamp renverse un urinoir et l'intitule "Fontaine". Soit-dit en passant, le nom de  l'objet change de genre aussi, coïncidence ? Je n'crois pas, transsexualité artistique ? Non plus, non... Quoi que ! #RroseSelavy. Que se passait-il dans les collages de Picasso ? Les bribes d'objets, de papier du quotidien : la toile cirée à l'imprimé de chaise cannée ou le journal, des choses du quotidien donc, étaient tirées de leur environnement pour être intégrer à une œuvre d'art, outre le fait d'intégrer un "morceau de réalité" pour le présenter au lieu de le représenter dans une pièce artistique.

                     

N'y a-t-il pas déplacement ici ?

La démarche était-elle aussi différente dans sa forme, dans son résultat, de celle que Duchamp a réalisée plus tard ?

Je vous pose la question.

 
Rappel : premiers Papiers collés vers 1912 / premiers Ready-mades vers 1916.

Marie

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Pinling Huang, L’huile légère – Galerie Paris horizon.

C'est un ami qui, un mardi après-midi, m'a dit « veux-tu qu'on passe dans la galerie pour laquelle je travaillais ? » - oui bien sûr, pourquoi pas ?

     Petite galerie certes, murs blanc, plafonds blancs, sol gris clair, mais chaleureusement aseptisée, c'est l'épithète qui me vient à l'esprit. C'est une galerie qui rend visible les artistes émergents de la scène contemporaine d'Asie. En ce moment c'est l'artiste taïwanais Pinling Huang qui est présent à travers ses œuvres dans l'exposition D'ailleurs*.

     Les toiles sont recouvertes de peintures à l'huile travaillée dans sa liquidité, les couleurs allant des pastels aux tons plus profonds comme le bleu marine ou le vert sapin. Ce sont des paysages, il y a un calme, une sérénité qui se dégage de certaines toiles, tandis que dans d'autres j'ai eu l'impression que les éléments de la nature se déchaînaient. Je n'ai pu m'empêcher de penser aux aplats de couleur de Gauguin de ses Cavaliers sur la plage, 1902**, dans une version où toute forme humaine ou animale est évacuée pour te faire entrer dans un espace de suspension du temps de l'œuvre, un peu comme si tu étais ce voyageur de Caspar David Friedrich seul face aux paysages de Pinling Huang qui remplacent la mer de nuage de l'œuvre Le voyageur au dessus de la mer de nuages, 1818***.

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     Chose qui m'a amusée ce sont les toiles rondes (regarde sur le site de la galerie), comme une fenêtre œil de bœuf qui donne sur l'intérieur du travail de l'artiste. La deuxième chose qui m'a beaucoup amusée, ce sont les flaques de verre teintée, posées sur des supports opaques blanc et qui pouvait faire penser à un énorme déplacement et décalage du vitrail, au lieu d'être à la verticale et de pouvoir voir à travers, il est posé sur une surface opaque, à l'horizontale. Au lieu d'être « encadré », d'être de forme polygonale, c'est une flaque sans cerne autour. Les couleurs ne sont pas cloisonnées mais elles se mélangent... Bon, je suis peut-être partie un peu loin, c'était peut-être aussi une extension et déformation de la bille plate ? Qui sait ?

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N'est-ce donc pas cela le jeu mystère de l'art contemporain, que de voir, ce qu'on veut bien projeter ?

Just in case, clique :

http://www.galerieparishorizon.net

Allez, bouge de là, va voir par tes propres globes oculaires.

Marie

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