Archive for 27 avril 2016

Le fardeau des mignonnes

     J'ai vu beaucoup beaucoup de posts sur les réseaux sociaux sur un sujet brûlant qui révolte pas mal de personnes qui, dans la vraie vie, ne font pas souvent grand chose, quand cela se passe sous leur nez ... (pas tous, hein, qu'on s'entende bien !) Du coup, j'ai bien eu envie d'écrire quelque chose sur le sujet.

LE HARCÈLEMENT DE RUE

ou

LE FARDEAU DES MIGNONNES ?

     Oui, je dis le "le fardeau des mignonnes", c'est méchant, mais c'est vrai, il suffit que tu sois un minimum apprêtée, que tu aies un joli minois, un corps plutôt pas mal (l'architecte qui s'est occupé de ton cas pesait dans le game), pour que tu sois amenée à connaître ce genre de situations :

  • On t'arrête souvent dans la rue, pour "discuter", demander ton numéro, te dire que tu es joli(e) ou bonne. (oui, ça change rapidement de registre)
  • On te fixe avec des expressions faciales qui débordent de lubricité imposée et dégueulasse.
  • On te colle dans le métro et bizarrement, cette personne se balade avec un concombre contre toi, ou a besoin de ton corps pour se tenir, à la place des barres prévues à cet effet.
  • On te suit, alors que tu n'as pas commandé de BodyGuard et que tu n'es pas Whitney Houston.
  • On te siffle, puis te complimente, tu ne réponds pas, on t'insulte, puis parfois on te menace.

     Bon si t'es mignonne avec un corps avantageux - selon les codes sociaux de la presse féminine - et apprêtée, tu risques bien d'avoir tout connu et même plus ... (Faut pas chercher non plus la merde hein... comme dirait ->27% des Français<-)

     Du coup, ta vie quotidienne peut s'organiser en fonction de ce phénomène.

(qui est loin d'être nouveau, mais qui est très médiatisé et à la mode en ce moment)

     Vous autres, ceux et celles qui ne sentent pas concernés, vous ne me croyez point ? Tu ne me crois pas ? Non, c'est juste que tu n'en as pas encore pris conscience ! Mais, ce que je te dis est d'autant plus vrai si tu as déjà :

  • Choisi ton wagon dans le métro selon les gens qu'il y avait à bord, pensant éviter au maximum d'éventuelles situations où tu pourrais être ennuyé(e).
  • Fait attention à bien placer ton sac en bandoulière pour établir une barrière entre les gens et toi.
  • Préféré un itinéraire plutôt qu'un autre parce que tu rentres seule à pied, et que tu as peur que quelque chose ne t'arrive sur le chemin.
  • Renoncé à te maquiller ou Choisi ta tenue en fonction du quartier où tu vas, des chemins que tu vas peut-être emprunter, de peur d'attiser des brasiers dans les pantalons.
  • Pris un Uber ou un Chauffeur-privé parce que "c'est plus sûr" que Heetch ou que de prendre les transports.

     Qu'on soit bien d'accord, ce n'est pas parce qu'on a pris ces habitudes, que l'on doit continuer à faire comme si de rien était...


     Pourquoi ce sujet est-il si compliqué, alors que, pour la plupart, les solutions semblent évidentes ?

     Ce n'est pas si évident que cela, en fait, il ne faut pas prendre tous les hommes pour déviants sexuels et c'est parfois très délicat de définir une situation de harcèlement de rue. À chaque fois qu'un homme vous adresse la parole, un bonjour par exemple, ce n'est pas tout de suite du harcèlement ! Et celles qui disent le contraire, s'il vous plaît, ayez un minimum de bon sens, dans ce cas là, le jeune homme qui distribue les magazines ou les flyers doit avoir un casier judiciaire aussi lourd que King Kong.

     Entre nous, un compliment, ça ne tue pas, je ne sais pas si c'est Maria Latina qui parle mais, si je n'avais jamais de compliment de la part d'inconnus et inconnues dans la rue, je serai un peu vexée, voire même malheureuse (drama queen)... Il y a des manières de dire, c'est sûr, mais quelqu'un qui vient te dire que tu es jolie, belle ou beau, ou te faire un compliment non sexué/sexuel sur ta tenue, sans faire allusion à des arrières-pensées cochonnes, c'est mignon, ça fait plaisir, même si tu ne lui as rien demandé, alors ne l'envoie pas tout de suite au bûcher. Tu peux dire merci et même que parfois, ça peut s'arrêter là !

     Je dis ça en connaissance de cause, pas au nom de toutes ou tous, mais de certain(e)s (et en mon nom) qui ont été, à un moment de leur vie, victime de violence et/ou d'agressions sexuelles, il ne faut pas tout confondre. Ce n'est pas parce qu'on t'a mis une main aux fesses que tu as été violé(e), ce n'est pas parce qu'on t'a bousculé que tu as été tabassé(e), s'il vous plaît, respectez la douleur des victimes qui ont dû subir cela. C'est extrême ce que je dis, mais tout autant que les propos de certains et certaines. Il faut de temps en temps établir la situation, voir le contexte, pour ne pas finir comme dans Jacky au pays des filles.


Je vais vous faire rire (jaune) avec le Hashtag #WhenIwas :

#WhenIwas 9 ans, ma mère m'a dit que je ne pouvais plus faire de balançoire au parc parce que j'étais trop grande et que j'allais attirer les pédophiles avec mes cuisses.

#WhenIwas 13 ans, j'étais en ville, quand un trentenaire est venu me draguer ouvertement devant ma mère, quand elle lui a dit mon âge, en le fusillant du regard, il a dit "C'est pas grave, je peux attendre sa majorité sexuelle".

#WhenIwas 15 ans, je me suis faite arrêter sur le chemin du lycée par un sexagénaire en voiture, je pensais qu'il voulait demander son chemin, non, il voulait me revoir, en se léchant les babines. (à travers sa cataracte)

     En dehors de cela, pour que les choses changent, il faut commencer par changer soi-même, ne plus acquiescer, de plus subir en silence, ne plus baisser la tête et faire comme si on entendait rien quand on nous insulte, ne plus laisser faire sous nos yeux sans se sentir concerné(e), homme ou femme ! Ah Oui, je pense aussi à des amis qui, pour leur orientation sexuelle, ont déjà été dans ce genre de cas de figure.

Vous savez quoi ? On peut organiser la résistance en attendant.

On peut se moquer d'eux, c'est pas notre jupe qui est trop courte, mais leurs idées !

Les prédateurs ont une morale parfois vous savez ... Moi pour les éloigner, je n'en ai plus et je fais comme si j'avais des troubles du comportement et psycho-moteurs.

Du coup, faites des têtes che-lous.

Marie

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Une colère noire

     C'est par hasard, qu'un jour où ma chère et tendre mère m'avait traînée pour faire partie du public du Grand Journal sur Canal + (pas contre ma volonté, rassurez-vous), que j'ai entendu parler de Ta-Nehisi Coates. Ils en parlaient rapidement sur le plateau et le titre m'avait interpellé, Une colère noire.

Il faut le lire parce que :

  1. C'est un sujet actuel que l'on entend gronder et qui trouve ici ses mots.
  2. L'urgence de cette lettre se ressent dans l'écriture et ça touche.
  3. Si tu ne le lis pas, tu vas te faire racler de raciste. (#JOKE)

     C'est une lettre ouverte à son fils, de Ta-Nehisi Coates, il lui raconte, sans détour, sans filtre, son expérience, ses ressentis, ses craintes en tant qu'Américain des États-Unis, enfin, en tant que "Afro-Américain". Il lui raconte son enfance et son adolescence jusqu'à ce qu'il devienne père, son père. Il détaille et trouve de bons arguments sur la violence qu'il a vu, qu'il a vécu en grandissant et qu'il pense être le propre de ceux qui partagent les nuances de sa couleur de peau.

   Il lui explique que le "Blanc" est une catégorie construite, inventée par rapport à la couleur de peau, mais qu'avant l'esclavage, avant bien d'autres choses encore, le "Blanc" n'en était pas un.

Page 24

Ce peuple nouveau est, comme nous, une invention récente.

[...]

 Avant d'être blanc, ces gens nouveaux étaient autre chose - ils étaient catholiques, corses, gallois, mennonites, juifs - et si notre idéologie nationale devenait un jour réalité, alors ces gens changeront de nom à nouveau. Peut-être deviendront-ils vraiment américains et offriront-ils une origine plus noble à leurs mythes.

     Il lui dit que toutes les discriminations d'aujourd'hui, toutes les injustices qu'il peut et qu'il pourra subir dans sa vie, sont des accumulations de traumatismes d'histoire, d'un manque au devoir de mémoire de ces "Blancs". L'American Dream est un rêve de "Blanc" construit sur le travail forcé, les souffrances des hommes, femmes et enfants arrachés à leur terres natales pour faire fructifier les entreprises de quelques hommes qui se sont déclarés supérieurs et propriétaires de ces corps.

Page 59

"Si tu es noir, tu es né en prison", disait Malcolm. La vérité contenue dans cette phrase me frappait : j'y pensais à chaque fois que je devais éviter certains quartiers,

[...].

     Le pillage du corps noir est un autre sujet qui m'a marqué dans ce livre. Le fait que le corps noir, encore aujourd'hui aux États-Unis, est plus fragile, moins protégé, que le corps blanc. En témoigne les nombreuses bavures policières qui restent impunies, et font de plus en plus grogner dans les foyers de ceux qui peuvent se retrouver déposséder de leur corps, sur un jugement physique.

Pages 100-101.

Mais tu es un garçon noir, et tu dois rester responsable de ton corps d'une manière inconnue des autres garçons. [...] Et tu dois rester responsable des corps des puissants - le policier qui te frappe avec sa matraque sera prompt à trouver une justification dans le plus ténu de tes mouvements. [...] Tu dois faire la paix avec le chaos, mais tu ne peux pas mentir. Tu ne peux pas oublier tout ce qu'ils nous ont pris et la façon dont ils ont transfiguré nos corps pour en faire du sucre, du tabac, du coton et de l'or.

     Je me sens touchée d'une manière particulière et intime, dans le fait qu'il aborde aussi la notion du "One drop", une sorte de grain de sable dans tes draps de soie. Il suffit d'un (arrière) grand-parent noir pour en garder les cheveux frisés, les yeux, ou le nez, la bouche et une couleur de peau dorée, comme une ombre portée sur ton être.

Allez, va l'acheter ce bouquin.

Marie

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Le Tiger

13 rue Princesse, 75006, Paris.

/// Tiger ///

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Un nom qui rugit, pour un lieu qui fait

frétiller les papilles et pétiller les yeux.

C'est quoi ? 

     Un bar à ... GIN (Et ouais !). En déambulant, avec une amie, dans ce quartier qui est mon chez-moi de cœur à Paris, nous avions été intriguées par le nom et, à travers la vitre, nous avions trouvé l'intérieur tout cosy, tout mignon, alors nous y sommes entrées prendre un verre. La serveuse qui s'est occupée de nous était a-do-rable, en plus d'être jolie à regarder avec son sourire - de catégorie Shakira -, elle a pris le temps de nous expliquer le concept et la carte, mais aussi de nous conseiller !

Pourquoi c'est cool ?

     Déjà, parce que, vous en connaissez beaucoup des bars à Gin à Paris ? Non. Il y a eu un réel effort sur la carte, parce qu'en plus des dessins de cocktails stylisés, tout craquants, ils y ont mis la description du cocktail en question, pour trouver celui qui nous convient. Tout donne envie, le lieu, le décor, la carte, les dessins, les adjectifs choisis, les serveurs(ses)... (pardon, je m'égare)

en Bref :

  1. Les gens sont sympas et mignons =.D
  2. La carte est super bien faite, à mon avis.
  3. La déco, sans trop d'effort, donne une identité au bar.
  4. Les cocktails sont excellents, ils connaissent le sujet quoi.
Capture d’écran 2016-04-03 à 15.31.01Capture d’écran 2016-04-03 à 15.32.31 Un petit moins ? 
  • Il y a peu de choix pour ce qui est du grignotage, et, pour le coup, il y a eu grosse radinerie sur le beurre accompagnant la charcuterie en ce qui nous concerne, ce soir .IMG_7487

(une petite cuillère de bébé Minimoy... Non, je n'exagère pas du tout)

  • Peut-être le prix, mais entre vous et moi, entre 12 et 14 € un bon cocktail, on va pas mourir non plus ! D'autant plus que, si jamais vous y aller avec un ou une ami(e) qui a mangé un paquet de Chiantos dans la journée et qui ne veut pas prendre quoi que ce soit au Gin dans ce bar à GIN, et bien ... il ou elle (ce gros relou) peut prendre quelque chose de classique : verre de vin, bière.. Mais bon, c'est un peu comme commander un pavé de saumon au Relais de l'Entrecôte.

(ÇA FAIT PAS DE SENS !)

On y court :

  • Entre utérus.
  • Avec ses copains qui veulent faire les bonhommes. (#RoubignolesdeGodzilla)
  • Peut être pas en premier rencard, quoi que... , ils ont des espaces, spécial "intimité", on s'entend parler. (Euh calmez-vous, c'est pas non plus des Backrooms comme aux Chandelles !)

Courez-y, mais pas tous en même temps, et surtout pas en même temps que moi.

#Snob

Bref, avant, je n'aimais pas le Gin, mais ça, c'était avant**.

Marie

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**Première cuite de ma vie au Gin, sale histoire.